En un temps où les nuages noirs s’amoncellent, l’humanité a besoin, plus que jamais, de phares pour garder le cap des valeurs morales universelles.

Adélaïde Hautval, alsacienne, protestante, n’était ni résistante, ni juive, ni engagée politique, mais pour avoir défendu en 1942 une jeune femme juive tabassée par des SS, et avoir affirmé devant la Gestapo « Les juifs sont des gens comme nous », refusant de se rétracter, elle fut condamnée à porter l’étoile jaune et à être déportée pendant deux ans et demi à Auschwitz Birkenau, puis à Ravensbrück, après avoir connu les prisons françaises de Bourges, Pithiviers, Beaune la Rolande, et Romainville.

Médecin psychiatre, affectée dans les différentes infirmeries des camps, elle a continuellement pris soin des malades et a sauvé nombre de détenues. Elle a refusé catégoriquement de participer aux expérimentations sur les êtres humains en tenant tête aux pires médecins nazis tels Wirths, Schumann, Clauberg et Mengele.

Après sa libération des camps elle est restée fidèle à son humanisme et s’est révoltée en 1961 contre la répression mortelle des Algériens manifestant à Paris.

Trop modeste, cette femme exceptionnelle est restée trop longtemps dans l’ombre.

Voilà pourquoi nous, signataires, estimons qu’il est temps que la France reconnaisse celle qui fut la deuxième française et le premier médecin à recevoir le titre prestigieux de Juste parmi les nations. Marie Claude Vaillant Couturier a dit d’elle : « Adélaïde, c’est une conscience »

L’entrée simultanée au Panthéon d’Adélaïde Hautval et de Marc Bloch, tous deux alsaciens, tous deux résistants au nazisme, ne serait que justice. « A ce grand homme et cette grande dame, la patrie reconnaissante. »

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